SServiceNow annonce AI Passport, un justificatif d’autorisation signé cryptographiquement destiné à encadrer les agents IA et les serveurs MCP pendant l’exécution des workflows. Sa disponibilité est prévue au quatrième trimestre 2026.[1] L’image du badge numérique aide à comprendre le principe : un agent doit pouvoir justifier les ressources qu’il consulte et les actions qu’il entreprend, dans un périmètre défini par l’entreprise.
L’identité de l’agent ne suffit pas à définir ses droits
Un assistant qui répond à une question et un agent qui modifie un dossier ne présentent pas les mêmes besoins d’accès. Dès qu’un système utilise des outils, il faut déterminer ce qu’il peut lire, écrire ou déclencher, et dans quelles circonstances une validation supplémentaire devient nécessaire.
Selon ServiceNow, AI Passport permet de vérifier le périmètre autorisé à chaque étape d’un workflow impliquant plusieurs agents. Le dispositif prévoit une délégation aux droits progressivement restreints, une révocation ciblée et des réponses graduées pouvant aller jusqu’à l’arrêt de l’agent.[1]
L’enjeu est de rendre ces limites effectives au moment de l’action. Une consigne demandant à l’agent de rester prudent ne remplace pas un contrôle technique capable de refuser une opération. De même, enregistrer une action dans un journal ne permet pas, à lui seul, de l’empêcher.
Les connexions MCP font partie du périmètre à sécuriser
Le protocole MCP permet de relier des applications d’IA à des outils et à des ressources. La documentation officielle rappelle que les serveurs utilisant l’autorisation doivent vérifier les jetons d’accès, notamment qu’ils leur sont bien destinés.[2] La connexion technique à un outil ne constitue donc pas une permission générale de l’utiliser.
Pour une entreprise, la vérification doit couvrir toute la chaîne : l’agent, le serveur qui expose une fonction et l’application qui réalise l’opération. Si un de ces composants dispose de droits trop larges, les limites affichées dans une interface peuvent ne pas correspondre aux possibilités réelles.
ServiceNow annonce une collaboration avec NVIDIA pour appliquer ces contrôles dans l’infrastructure, notamment avec OpenShell. Le Super Intelligence Control Tower doit conserver la traçabilité des actions.[1] La couverture effective des outils et environnements devra être vérifiée lors du déploiement.
Quatre questions avant de donner un badge à un agent
Cette grille éditoriale aide à traduire la gestion des autorisations en décisions concrètes.
| Brique | Effet opérationnel | Question de maîtrise |
|---|---|---|
| Périmètre | Limiter les données et les outils accessibles. | Les droits correspondent-ils à la mission confiée ? |
| Délégation | Encadrer le passage d’une tâche à un autre agent. | Les permissions restent-elles limitées à chaque étape ? |
| Révocation | Retirer les autorisations lorsque la situation change. | Le retrait est-il réellement appliqué par les systèmes connectés ? |
| Traçabilité | Relier une opération à son autorisation et à son résultat. | Peut-on comprendre qui a permis l’action et ce qu’elle a modifié ? |
Une opération autorisée peut encore être incorrecte
Prenons un agent de support habilité à consulter des tickets et à préparer une réponse. Cette mission ne justifie pas automatiquement la réinitialisation d’un compte ou la modification d’une configuration réseau. Ces opérations devraient disposer de règles propres, avec une validation adaptée à leurs conséquences.
Même dans son périmètre, l’agent peut mal interpréter une demande ou sélectionner le mauvais dossier. Le contrôle des permissions doit donc être complété par des tests, une vérification du résultat et une procédure de reprise. Cet exemple est une proposition de cadrage, pas une configuration standard annoncée pour AI Passport.
Inventorier les agents et rapprocher les coûts des usages
ServiceNow annonce également une détection des IA non autorisées et AI Cost Management, attendus au quatrième trimestre 2026. L’objectif est de mieux relier les dépenses aux usages et aux résultats.[1] Ces fonctions doivent être distinguées du contrôle des permissions lui-même.
Pour une PME, commencer par un agent et une mission précise
Une PME pourrait examiner un agent déjà utilisé pour le support ou le traitement documentaire. Le pilote consisterait à identifier ses accès, réduire les permissions inutiles et tester le refus d’une action hors périmètre. Il faudrait également vérifier le retrait des droits et la possibilité de reprendre la tâche manuellement.
La sécurité des agents devient un travail d’administration quotidien
Cette évolution donne une place centrale à la Cybersécurité. Le professionnel doit appliquer le principe du moindre privilège : accorder uniquement les accès nécessaires à une tâche. Il doit comprendre les connexions entre agents, outils et applications pour repérer les permissions excessives.
Son rôle consiste aussi à tester les contrôles. Un refus attendu doit être vérifié en pratique, tout comme la révocation d’un accès ou l’arrêt d’une tâche. Les journaux doivent permettre d’expliquer les actions sans exposer inutilement des informations sensibles.
La supervision se poursuit lorsque les usages évoluent. Une nouvelle connexion ou un changement de mission peut modifier le niveau de risque. La compétence consiste à adapter les autorisations, examiner les incidents et organiser la reprise en main avec les équipes métier et les responsables des applications.
Le contrôle se jugera au moment de l’action
AI Passport met en avant une question essentielle pour l’IA agentique : comment rendre les permissions vérifiables et applicables tout au long d’une tâche ? La réponse dépendra de l’intégration aux systèmes réels. Un badge sera utile si les contrôles associés fonctionnent et si les équipes peuvent comprendre, interrompre et corriger les opérations.
Pour aller plus loin
Quatre lectures CCCLX pour approfondir les permissions, la sécurité et l’intégration des agents.
Azure Linux 4.0 : Microsoft prépare l’après Windows Server ?
La sécurité de l’open source change d’échelle : IBM, Red Hat et Palo Alto s’allient
GitHub Copilot se muscle pour les entreprises : les agents de code passent sous contrôle IT
Agents vocaux IA : Oracle détaille une architecture LiveKit sur OCI
Sources
- 01
ServiceNow Newsroom (15 octobre 2026). « ServiceNow advances its operational harness for enterprise AI with AI Passport and expanded governance capabilities ». Annonce d’AI Passport et des capacités de gouvernance associées.
- 02
Model Context Protocol (consulté le 16 octobre 2026). « Authorization ». Documentation sur la vérification des jetons d’accès par les serveurs MCP.
Vérification éditoriale du 16 octobre 2026. ServiceNow prévoit la disponibilité d’AI Passport, de la détection des IA non autorisées et d’AI Cost Management au quatrième trimestre 2026. Les exemples de cadrage et le pilote PME sont des propositions éditoriales, pas des configurations standard ni des résultats clients annoncés.
La sécurité de l’open source change d’échelle : IBM, Red Hat et Palo Alto s’allient
Les cyberattaques poussent les géants de l'IT à unir leurs forces Les composants open source sont présents dans la quasi-totalité des applications modernes, des plateformes cloud aux logiciels métiers. Cette dépendance s'accompagne toutefois d'un risque croissant :...
Avec Lambda, AWS prépare l’infrastructure du cloud aux agents IA autonomes
Le serverless entre dans une nouvelle phase Le cloud évolue pour répondre aux besoins d'une nouvelle génération d'applications fondées sur l'intelligence artificielle agentique. À mesure que les agents IA deviennent capables d'exécuter des tâches complexes pendant...
La course aux semi-conducteurs s’accélère : IBM présente une architecture 0,7 nm
IBM veut repousser les limites des processeurs La compétition mondiale autour des semi-conducteurs franchit une nouvelle étape. IBM a dévoilé une architecture expérimentale baptisée Nanostack, capable d'empiler des transistors en trois dimensions à l'échelle de 0,7...
Avec les Code Layers, Figma rapproche définitivement le design du développement
Une nouvelle étape vers la création d'applications sans frontière Le design et le développement logiciel ont longtemps suivi deux trajectoires distinctes. Les designers imaginaient les interfaces, les développeurs les traduisaient ensuite en code, avec de nombreux...
Google Chrome voit ce que vous voyez : Gemini analyse désormais votre écran
Chrome franchit une nouvelle étape vers le navigateur intelligent Les navigateurs web ne se contentent plus d’afficher des pages Internet. Ils deviennent progressivement de véritables assistants capables de comprendre le contexte dans lequel évoluent les utilisateurs....
SpaceX rachète Cursor : l’IA agentique devient le nouveau standard du développement
Une acquisition qui dépasse largement le monde du logiciel Le rachat d’Anysphere, l’entreprise à l’origine de Cursor, par SpaceX pour un montant estimé à 60 milliards de dollars marque un tournant majeur dans l’industrie technologique. Derrière cette opération...
L’Europe de l’IA prend forme : OVHcloud développe ses propres LLM
OVHcloud veut passer du cloud à l’intelligence artificielle Longtemps identifié comme un acteur majeur du cloud européen, OVHcloud ambitionne désormais de jouer un rôle beaucoup plus important dans l’écosystème de l’intelligence artificielle. À l’occasion du salon...
Avec iOS 27, Apple redessine l’expérience utilisateur à l’ère de l’IA
Apple place enfin l’intelligence artificielle au cœur de l’iPhone Lors de la WWDC 2026, Apple a présenté iOS 27, une mise à jour majeure qui marque une nouvelle étape dans sa stratégie autour de l’intelligence artificielle. Après avoir introduit Apple Intelligence...
F5 renforce son WAF pour faire face aux cybermenaces de l’ère IA
Les cyberattaques évoluent plus vite que les correctifs L’intelligence artificielle transforme la cybersécurité des entreprises, mais elle profite également aux attaquants. Les nouveaux modèles capables d’identifier rapidement des vulnérabilités ou d’automatiser...
L’Europe accuse Anthropic de discrimination après le blocage de Fable 5
Une décision américaine qui déclenche une crise internationale La suspension soudaine de l’accès aux modèles Fable 5 et Mythos 5 d’Anthropic en dehors des États-Unis dépasse désormais le cadre technologique. Ce qui apparaissait initialement comme une mesure de...
