Les données ne suffisent plus, il faut désormais partager l’intelligence
L’intelligence artificielle transforme la manière dont les entreprises exploitent leurs données. Pourtant, un obstacle majeur persiste : les ressources nécessaires aux projets IA restent souvent dispersées entre différentes plateformes, équipes et environnements techniques. Modèles, agents, tableaux de bord et données non structurées sont fréquemment enfermés dans des silos qui compliquent leur utilisation à grande échelle. Pour répondre à ce défi, Databricks dévoile Open Sharing, une évolution de son protocole Delta Sharing destinée à étendre le partage sécurisé aux ressources d’intelligence artificielle.
De Delta Sharing à Open Sharing
Lancé en 2021, Delta Sharing avait pour ambition de créer un protocole ouvert permettant aux entreprises d’échanger des données en temps réel sans dépendre d’une plateforme spécifique. Basé sur l’écosystème Delta Lakehouse, il a progressivement été adopté comme une solution d’interopérabilité entre différents environnements cloud et analytiques. Avec Open Sharing, Databricks élargit désormais le concept au-delà des simples données pour inclure les modèles IA, les compétences d’agents, les applications, les tableaux de bord et les contenus non structurés1.
Partager sans copier devient un avantage stratégique
L’une des principales innovations d’Open Sharing réside dans son approche « sans copie ». Les entreprises peuvent partager des ressources IA sans avoir à les déplacer, les dupliquer ou les répliquer entre plusieurs systèmes1. L’accès s’effectue via des identifiants temporaires et des mécanismes de contrôle sécurisés. Cette approche réduit les coûts liés à la duplication des ressources tout en simplifiant la gouvernance et la conformité des données.
L’IA agentique fait exploser les besoins d’interopérabilité
L’arrivée des agents IA accentue encore ce besoin. Dans de nombreux projets, les modèles, les données et les utilisateurs sont répartis sur plusieurs plateformes distinctes. Chaque nouvelle intégration nécessite des développements spécifiques, des contrôles de sécurité et des mécanismes de synchronisation complexes. Selon plusieurs analystes, ces coûts cachés deviennent l’un des principaux freins au déploiement de l’IA à grande échelle2. Open Sharing cherche précisément à réduire cette complexité en fournissant un protocole commun pour échanger les ressources IA.
Les ressources IA deviennent des actifs métiers
Pendant longtemps, la valeur résidait principalement dans les données elles-mêmes. Aujourd’hui, les entreprises considèrent de plus en plus les modèles, les agents et les workflows IA comme des actifs stratégiques. Cette évolution modifie la manière dont les organisations gèrent leurs infrastructures numériques. Open Sharing accompagne cette tendance en permettant de partager non seulement les données, mais aussi la logique, le contexte et l’intelligence qui leur sont associés3.
Une gouvernance portée par la Fondation Linux
Pour favoriser son adoption, Databricks place Open Sharing sous l’égide de la Fondation Linux et de sa branche LF Data & AI1. Cette gouvernance ouverte vise à rassurer les entreprises sur la pérennité du protocole et à encourager l’interopérabilité avec d’autres acteurs du marché. Le protocole prend également en charge les tables Apache Iceberg, de plus en plus utilisées dans les architectures modernes de données et d’intelligence artificielle.
Réduire les coûts d’intégration et accélérer les projets
Les entreprises consacrent aujourd’hui une part importante de leurs budgets IA à l’intégration des systèmes. Le partage des ressources entre partenaires, filiales ou clients nécessite souvent des semaines de développement. En standardisant ces échanges, Open Sharing pourrait réduire considérablement ces délais. Pour les DSI, l’enjeu est majeur : accélérer le déploiement des projets tout en limitant les coûts opérationnels associés à la gestion de multiples plateformes2.
Une nouvelle étape pour l’économie de l’IA
Cette évolution reflète une tendance plus large : l’industrialisation de l’intelligence artificielle. Après avoir investi dans les modèles et les infrastructures, les entreprises cherchent désormais à fluidifier la circulation des ressources IA. Les organisations capables de partager rapidement leurs modèles, leurs agents et leurs données disposeront d’un avantage concurrentiel significatif dans un environnement où la vitesse d’exécution devient essentielle.
Comprendre l’interopérabilité des données devient essentiel
Cette transformation met en avant une compétence stratégique : la gouvernance et le partage des données à l’ère de l’IA. Les futurs professionnels IT devront comprendre les protocoles d’échange, les architectures ouvertes et les mécanismes permettant de faire circuler les ressources entre différents environnements. À mesure que les systèmes deviennent plus distribués, l’interopérabilité devient un facteur clé de réussite des projets numériques.
Vers une IA plus ouverte et collaborative
Avec Open Sharing, Databricks tente de répondre à l’un des défis les plus importants de l’intelligence artificielle moderne : permettre aux ressources IA de circuler aussi facilement que les données. Pour les étudiants et futurs professionnels IT, cette évolution mérite une attention particulière. Elle montre que l’avenir de l’IA ne dépendra pas seulement de la puissance des modèles, mais aussi de la capacité des entreprises à partager efficacement leurs connaissances, leurs données et leurs agents intelligents.
L’Actu IT à 360° — décrypter la technologie pour comprendre les métiers de demain.
Pour aller plus loin
L’émergence d’Open Sharing illustre une tendance forte : les entreprises cherchent à rendre leurs données et leurs ressources IA plus accessibles entre différentes plateformes et environnements cloud. Cette interopérabilité devient essentielle pour alimenter les agents intelligents et accélérer les projets d’intelligence artificielle. Sur un sujet connexe, découvrez notre article « AWS renforce OpenSearch pour connecter l’IA aux données d’entreprise », qui analyse comment les infrastructures de données évoluent pour répondre aux besoins de l’IA agentique.
Références
1. Databricks. (2026). Open Sharing: Extending Delta Sharing for AI Assets.
https://www.databricks.com
2. HFS Research. (2026). The Hidden Cost of AI Integration and Interoperability.
https://www.hfsresearch.com
3. HyperFrame Research. (2026). AI Assets and the Future of Enterprise Data Sharing.
https://www.hyperframeresearch.com
MDASH : l’IA qui aide Microsoft à sécuriser Windows
Microsoft confie une partie de la chasse aux failles à l'intelligence artificielle Les cyberattaques évoluent de plus en plus vite, obligeant les éditeurs de logiciels à détecter les vulnérabilités avant même qu'elles ne puissent être exploitées. Pour relever ce défi,...
Microsoft accélère sa cybersécurité avec l’IA : la défense passe à l’échelle machine
Microsoft veut reprendre l'avantage face aux cyberattaques Les cybercriminels utilisent désormais l'intelligence artificielle pour découvrir des vulnérabilités, automatiser leurs attaques et accélérer leurs campagnes malveillantes. Face à cette évolution, Microsoft...
L’accès gratuit à Claude Fable 5 est prolongé, Anthropic temporise
Une nouvelle génération d'IA pensée pour des usages spécifiques OpenAI fait évoluer sa stratégie avec le lancement de GPT-5.6, une nouvelle famille de modèles composée de Sol, Terra et Luna. Plutôt que de proposer un modèle unique capable de répondre à tous les...
OpenAI mise sur une IA modulaire avec Sol, Terra et Luna
Une nouvelle génération d'IA pensée pour des usages spécifiques OpenAI fait évoluer sa stratégie avec le lancement de GPT-5.6, une nouvelle famille de modèles composée de Sol, Terra et Luna. Plutôt que de proposer un modèle unique capable de répondre à tous les...
L’IA d’Anthropic progresse à un rythme qui inquiète les spécialistes de la cybersécurité
Les modèles d'IA franchissent un nouveau seuil de capacités À peine un mois après son lancement, Claude Mythos Preview continue déjà d'améliorer ses performances. Selon les derniers tests publiés par l'AI Security Institute (AISI) du Royaume-Uni, le modèle d'Anthropic...
Lumo AI 2.0 accélère sans sacrifier la protection des données
Proton veut prouver qu'une IA performante peut aussi être confidentielle La course à l'intelligence artificielle ne se joue plus uniquement sur les performances des modèles. La confiance des utilisateurs et la protection des données deviennent désormais des critères...
Azure Linux 4.0 : Microsoft prépare l’après Windows Server ?
Microsoft fait évoluer Linux bien au-delà du cloud Pendant longtemps, Azure Linux était une distribution conçue exclusivement pour faire fonctionner les infrastructures cloud de Microsoft. Avec la sortie d'Azure Linux 4.0, l'entreprise franchit une nouvelle étape en...
Claude Fable 5 quitte l’offre gratuite : Anthropic mise sur les usages professionnels
Anthropic réserve désormais son modèle le plus avancé À peine une semaine après la réouverture de Claude Fable 5, Anthropic change déjà de stratégie. L'entreprise met fin à son accès gratuit et réserve désormais son modèle le plus performant aux offres payantes...
Djinn Stealer : le malware qui s’attaque aux identifiants cloud et IA des entreprises
Les cybercriminels changent de cible Les cyberattaques ne visent plus uniquement les données ou les postes de travail. Les identifiants permettant d'accéder aux plateformes cloud, aux environnements d'intelligence artificielle et aux outils de développement sont...
Claude Tag transforme Slack en véritable espace de travail agentique
Les agents IA s'installent au cœur du travail collaboratif L'intelligence artificielle ne se limite plus aux assistants accessibles dans une fenêtre de discussion. Avec Claude Tag, Anthropic franchit une nouvelle étape en intégrant directement un agent IA dans Slack....
