Le stockage de données atteint ses limites
Chaque jour, l’humanité produit une quantité gigantesque de données. En 2025, le volume mondial généré quotidiennement est estimé à près de 300 exaoctets, soit l’équivalent d’un siècle d’archives audiovisuelles européennes créé toutes les 24 heures1. Avec l’essor de l’intelligence artificielle, du cloud et des objets connectés, cette croissance devient exponentielle. Derrière cette explosion se cache un problème majeur : les infrastructures actuelles de stockage approchent progressivement de leurs limites techniques, énergétiques et environnementales.
PearCode veut transformer l’ADN en infrastructure numérique
Dans ce contexte, la deeptech française PearCode, issue du laboratoire I3S de Sophia Antipolis, vient de lancer une première solution d’archivage basée sur de l’ADN synthétique. Longtemps considéré comme une technologie futuriste, le stockage ADN commence désormais à sortir des laboratoires pour entrer sur le marché. Le principe consiste à encoder des données numériques sous forme de séquences génétiques, capables d’être conservées pendant des décennies, voire des siècles, sans dégradation majeure.
Un gramme d’ADN pourrait contenir un data center entier
L’un des arguments les plus spectaculaires du stockage ADN réside dans sa densité. Selon plusieurs recherches, un seul gramme d’ADN pourrait théoriquement contenir l’équivalent des données d’un data center complet2. À cela s’ajoute un avantage majeur : contrairement aux infrastructures traditionnelles, l’ADN ne nécessite pas d’alimentation électrique continue pour conserver les données. Dans un contexte où les data centers représentent déjà 1 à 2 % de la consommation électrique mondiale, cette perspective attire fortement l’attention de l’industrie technologique3.
Le véritable défi : automatiser l’écriture et la lecture des données
Si la promesse est immense, le principal obstacle reste l’automatisation. Aujourd’hui, écrire et lire des données sur ADN reste lent et coûteux. Le défi des entreprises comme PearCode consiste donc à industrialiser ces processus afin de réduire les coûts et les temps d’accès. C’est précisément sur ce terrain que se joue la compétition mondiale. Les acteurs capables de rendre cette technologie rapide, fiable et accessible pourraient redéfinir l’infrastructure du stockage numérique dans les prochaines décennies.
Une révolution potentielle pour les entreprises et les archives critiques
Les premiers usages visés concernent les données sensibles et les archives longue durée : documents administratifs, données scientifiques, patrimoine numérique ou archives médicales. Pour les entreprises, cette approche pourrait réduire fortement les coûts liés au stockage à froid, tout en améliorant la durabilité des données. Les PME pourraient également bénéficier indirectement de cette évolution grâce à des services cloud plus efficaces et moins énergivores.
Entre science, cloud et souveraineté numérique
Le stockage ADN ne concerne pas seulement la technologie, il touche aussi à des enjeux stratégiques. Contrôler les infrastructures de stockage du futur pourrait devenir un enjeu majeur de souveraineté numérique. Alors que les data centers traditionnels nécessitent des ressources massives en énergie et en matériaux, l’ADN ouvre la voie à une nouvelle approche du cloud, plus compacte et potentiellement plus durable. Cette transition pourrait transformer la manière dont les États et les entreprises gèrent leurs données critiques.
Comprendre les infrastructures de demain devient essentiel
Cette évolution met en avant une compétence clé : la data et les infrastructures numériques. Les futurs professionnels IT devront comprendre les nouvelles architectures de stockage, leurs contraintes et leurs usages. Il ne s’agit plus seulement de gérer des serveurs ou du cloud classique, mais d’anticiper des technologies capables de redéfinir complètement l’écosystème numérique.
Vers un cloud biologique ?
Même si le stockage ADN reste encore émergent, PearCode montre que cette technologie entre progressivement dans une phase industrielle. L’idée de stocker des données dans une molécule biologique peut sembler futuriste, mais elle répond à un problème très concret : la saturation des infrastructures numériques. Pour les étudiants et futurs professionnels IT, cette évolution est fascinante. Elle montre que l’avenir du cloud pourrait ne plus reposer uniquement sur des serveurs géants, mais aussi sur des technologies inspirées directement du vivant.
L’Actu IT à 360° — décrypter la technologie pour comprendre les métiers de demain.
Pour aller plus loin
L’émergence du stockage ADN illustre une transformation profonde des infrastructures numériques face à l’explosion des volumes de données générés par l’intelligence artificielle et le cloud. Cette évolution s’inscrit dans une recherche mondiale de solutions plus compactes, durables et capables de dépasser les limites des data centers traditionnels. Sur un sujet connexe, découvrez notre article « Explosion des data centers : Legrand passe à l’offensive en Chine et au Royaume-Uni », qui analyse comment les infrastructures de stockage et de calcul deviennent un enjeu stratégique majeur pour l’économie numérique.
Références
1. Statista. (2025). Global data creation forecast.
https://www.statista.com
2. Nature. (2021). DNA data storage density research.
https://www.nature.com
3. International Energy Agency. (2024). Data centres and electricity consumption.
https://www.iea.org
L’IA dépasse le code : Atlassian réinvente Jira
L'intelligence artificielle s'invite dans la gestion de projet Atlassian poursuit l'intégration de l'intelligence artificielle au sein de son écosystème avec une nouvelle génération de fonctionnalités pour Jira. L'objectif n'est plus seulement d'aider les développeurs...
L’IA propulse Nokia : les datacenters redessinent le marché des réseaux
L'explosion de l'IA transforme le marché des infrastructures Nokia profite pleinement de la montée en puissance de l'intelligence artificielle et de la multiplication des datacenters qui l'accompagnent. Au deuxième trimestre 2026, l'activité Réseaux de l'entreprise a...
Gemini 3.5 Pro retardé : Google sous pression dans la course à l’IA
La course aux modèles d'IA s'accélère Google traverse une période délicate dans la compétition autour des modèles d'intelligence artificielle avancés. Selon plusieurs informations relayées par la presse spécialisée, le lancement de Gemini 3.5 Pro aurait été repoussé...
Project Glasswing : Anthropic passe à l’offensive contre les vulnérabilités logicielles
Une nouvelle étape pour l'IA appliquée à la cybersécurité Anthropic poursuit le développement de Project Glasswing, une initiative qui met son modèle Claude Mythos Preview à la disposition d'acteurs spécialisés dans la cybersécurité afin d'identifier et de corriger...
Cloud, IA, défense : AWS accélère sur tous les fronts
AWS fait de l'intelligence artificielle un pilier des infrastructures critiques À l'occasion de l'AWS Summit Washington, D.C. 2026, Amazon Web Services a dévoilé plusieurs évolutions destinées aux administrations, aux organismes publics et aux secteurs critiques....
JadePuffer : le ransomware qui inaugure l’ère des cyberattaques agentiques
Une nouvelle génération de cybermenaces émerge L'intelligence artificielle agentique ne transforme plus uniquement les outils des entreprises. Selon les chercheurs de Sysdig, elle pourrait également changer la manière dont les cyberattaques sont menées. Les équipes de...
MDASH : l’IA qui aide Microsoft à sécuriser Windows
Microsoft confie une partie de la chasse aux failles à l'intelligence artificielle Les cyberattaques évoluent de plus en plus vite, obligeant les éditeurs de logiciels à détecter les vulnérabilités avant même qu'elles ne puissent être exploitées. Pour relever ce défi,...
Microsoft accélère sa cybersécurité avec l’IA : la défense passe à l’échelle machine
Microsoft veut reprendre l'avantage face aux cyberattaques Les cybercriminels utilisent désormais l'intelligence artificielle pour découvrir des vulnérabilités, automatiser leurs attaques et accélérer leurs campagnes malveillantes. Face à cette évolution, Microsoft...
L’accès gratuit à Claude Fable 5 est prolongé, Anthropic temporise
Une nouvelle génération d'IA pensée pour des usages spécifiques OpenAI fait évoluer sa stratégie avec le lancement de GPT-5.6, une nouvelle famille de modèles composée de Sol, Terra et Luna. Plutôt que de proposer un modèle unique capable de répondre à tous les...
OpenAI mise sur une IA modulaire avec Sol, Terra et Luna
Une nouvelle génération d'IA pensée pour des usages spécifiques OpenAI fait évoluer sa stratégie avec le lancement de GPT-5.6, une nouvelle famille de modèles composée de Sol, Terra et Luna. Plutôt que de proposer un modèle unique capable de répondre à tous les...
